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Interview

Interview : Angèle, chauffeur routier

08/03/2021 09:30:24
ECI - Mise à jour : le 08/03/2021 09:30 - Par
Interview

Angélique, dit Angèle, roule depuis octobre 2019 en national. Elle se sent heureuse au volant et profite au maximum des joies que lui apporte ce métier !

Interview : Angèle, chauffeur routier

Racontez-nous ce qui vous a amenée à devenir routière…

J’ai toujours aimé la route, pas seulement en camion mais aussi en voiture ou en moto. J’ai d’ailleurs passé très vite tous les permis ! J’avais également d’autres passions, si bien que deux métiers m’attiraient particulièrement : routière ou maître-chien. Et j’ai choisi… maître-chien (en sécurité privée). En partie parce que mon père routier ne me voyait pas suivre ses traces et a fini par m’en dissuader. Dans le même temps, j’étais également gendarme réserviste.

J’ai donc exercé pendant environ 10 ans les métiers de gendarme et de maître-chien. En 2016, tout en continuant la sécurité privée, je me suis également lancée dans le transport scolaire, mais je me suis rapidement rendue compte que le transport scolaire ne me plaisait pas.

En 2017 j’ai eu un accident de travail. J’ai dû arrêter la sécurité privée pendant 18 mois, à la fin desquels j’ai été déclarée inapte à poursuivre dans ce domaine . Comme j’avais droit à une formation, je me suis réorientée vers le transport routier de marchandises : en 2019, motivée, j’ai passé les permis C, CE et la passerelle FIMO en 5 semaines, avant de décrocher un CDI en national.

Qu’appréciez-vous le plus dans ce métier ?

Sans hésitation : la tranquillité ! Dans mon camion je suis seule au calme, avec l’opportunité de voir et de découvrir énormément de choses, aussi bien des lieux que des gens que je n’aurais jamais croisés autrement.

L’un de mes plus beaux souvenirs est celui d’un pique-nique improvisé sur les bords du Rhône. J’avais dû garer mon camion en catastrophe et je m’étais retrouvée par hasard le long de l’eau avec des cerisiers en fleurs. J’adore tomber sur ce genre de petits endroits “cachés” au cours de mes missions. Une autre fois, en cherchant où dormir, j’ai aussi découvert un petit village avec un temple de moines. Et ce ne sont que des exemples !

Quand un endroit me plaît ou quand le client est sympathique, je prends des photos avec “Lulu le singe”, le doudou de ma fille. Je les regroupe dans un album photo intitulé “Les aventures de Lulu”, c’est un beau moyen de partager ma vie de routière avec elle. Le contact client est également un aspect du métier que j’apprécie, certains jouent vraiment le jeu !

Être une femme fait-il une différence dans le monde du transport ?

En matière de travail, je n’ai noté aucune différence : on m’a toujours traitée d’égal(e) à égal(e), excepté une seule fois où l’on m’a fait une réflexion chez un client. J’étais arrivée avec du retard et on m’avait dit “oui, forcément, tu es une femme”. Mais le fautif s’est rapidement fait rappeler à l’ordre.

Par ailleurs, mon entreprise recherche de plus en plus à embaucher des femmes. On remarque que les femmes prennent davantage soin du matériel, et nous avons aussi moins de soucis avec les clients : en cas de conflit, nous n’allons pas chercher à tout prix à avoir le dernier mot, nous préférons faire retomber la tension, ce qui aide beaucoup.

Selon vous, quelles sont les principales qualités d’une routière ?

En premier lieu, le sens de l’organisation est une qualité essentielle. En effet, il faut tout le temps réfléchir à tout et tout calculer en permanence (où s’arrêter, quand s’arrêter, gérer les heures de travail et les heures de conduite, recalculer en cas d’imprévus etc.). Être bien organisée dans ses papiers est également très utile : il ne faudrait pas confondre les documents des différents clients, ni mettre 3 heures à les retrouver.

Une autre qualité importante est la débrouillardise. Quand on se retrouve au milieu de nulle part, qu’on ne sait pas où aller et que l’habitant qu’on interroge nous indique un petit chemin où il passe tout juste avec sa 206… mieux vaut s’en remettre à soi-même !

Enfin, il faut savoir faire preuve d’observation. Paradoxalement, même si les camions sont énormes par rapport aux autres véhicules, les automobilistes ont tendance à nous oublier ou à agir comme s’ils ne nous voyaient pas ! Ils nous coupent la route, doublent n’importe comment… Nous devons donc rester très vigilantes en permanence et ne rater aucun détail de ce qui se passe sur la route.

Que diriez-vous à une jeune femme hésitant à se lancer dans le métier ?

Il ne faut pas hésiter ! Pour savoir si ce métier est fait pour vous, il faut l’essayer. Alors si les portes sont ouvertes il faut y aller. Foncez !

 

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