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Interview

Interview : Aline, chauffeur routier

09/03/2021 14:55:37
ECI - Mise à jour : le 09/03/2021 14:55 - Par
Interview

Aline conduit des poids lourds depuis 2010, comme ses parents et ses grands-parents avant elle. Toujours à la recherche de nouvelles expériences, ce n’est pas le travail qui la fera reculer !

Interview : Aline, chauffeur routier

Racontez-nous ce qui vous a amenée à devenir conductrice de poids lourds.

Ayant eu la chance de grandir dans une famille où cette profession est presque héréditaire, depuis mon plus jeune âge je ne me voyais pas faire autre chose  ! J’ai donc suivi les traces des deux générations précédentes. Une seule différence : au lieu d’exercer ce métier à mon compte, je suis conductrice PL salariée.

Quel a été votre parcours ?

J'ai obtenu un BEP CSTR (conduite et services dans le transport routier) dans un lycée professionnel du Puy-de-Dôme. Durant ces 2 ans de scolarité, j'ai aussi passé mes permis (code, permis b, e(b), c, e(c)...) et j’ai effectué un stage dans une petite entreprise familiale basée dans l'Aveyron, qui par la suite a su me former, m'apprendre, et me faire évoluer dans de bonnes conditions pendant 9 ans.

C’est cette entreprise qui m’a réellement ouvert les portes du métier et de l’aventure. Son fondateur est un grand passionné, travailleur et collectionneur de véhicules anciens. Ses fils, qui sont les dirigeants actuels, sont tout aussi mordus de transport. J’ai beaucoup appris grâce à eux, et aux côtés d’employés expérimentés qui m’ont transmis sans réserve leurs astuces et leurs savoirs. Par exemple, j'ai été sensibilisée à l'éco-conduite. J’ai aussi été familiarisée aux diverses technologies que cette profession a su développer en peu de temps, sur les véhicules autant que sur le reste du matériel. Enfin, j’ai eu l’occasion d’apprendre à répondre aux demandes des clients qui deviennent plus pointilleux et exigeants de nos jours.

Je me suis ensuite dirigée il y a un an et demi vers une autre société familiale, en quête de nouvelles expériences. J’y effectue du transport en liquides alimentaires, majoritairement en produits laitiers. Il faut pour cela pouvoir être disponible le week-end, les jours fériés, mais aussi être capable de partir sur 2 semaines consécutives, voire davantage. Cela m’a donc demandé un changement d'organisation personnelle, en plus de nouvelles responsabilités à assumer (notamment la prise en charge de matériel spécifique).

Y a-t-il beaucoup de femmes parmi vos collègues ?

Je n’ai jamais eu de collègue femme dans la même entreprise que moi. En revanche, j’ai rencontré des collègues d’autres entreprises aveyronnaises et des départements limitrophes. Certaines avaient d’ailleurs beaucoup plus d’expérience et m’ont donné de précieux conseils.

Être une femme fait-il une différence dans le monde du transport ?

Personnellement je ne suis pas à plaindre ! À mes débuts en 2010, malgré mes 18 ans et étant la seule fille, je n’ai souffert d’aucune différence de traitement. Le travail était le même pour tout le monde sans favoritisme, ce qui m'a donné l'opportunité d’effectuer divers types de transports tels que de la menuiserie et de la matière dangereuse en tautliner, du vrac en benne et fond mouvant céréalier, du plateau, du porte-engin... soit divers types d'arrimages, divers gabarits, divers moyens de déchargements et autant d’expériences enrichissantes.

Cette profession a été longuement masculine ou très peu ouverte aux femmes. Pourtant être une femme au volant d'un véhicule lourd ne devrait rien avoir d’anormal. Hommes ou femmes, nous avons tous nos différences avec nos gabarits, nos physiques, nos qualités et nos défauts. Mais dans ce métier, seule l’expérience devrait nous distinguer, et tout le monde passe par la case départ.

Depuis quelques années la profession se féminise et c'est une bonne chose. Notre regard souvent plus consciencieux sur le matériel est parfois remarqué et apprécié, ainsi que notre rapport à la clientèle qui n’est sans doute pas exactement le même que celui des hommes, sans pour autant creuser une énorme différence.

Que diriez-vous aujourd’hui à une jeune femme souhaitant se lancer dans le métier ?

Les mentalités depuis 11 ans ont beaucoup évolué, sur de bons points et de mauvais points : féminisation de la profession, perfectionnement du matériel, mais aussi moins de liberté, plus de pression pour les patrons et les chauffeurs... Le monde du transport est un monde qui change, mais qui n’est fermé à personne ! Que vous soyez reconvertie, sortie d'école ou autre, rien ne vous empêche de tracer votre voie. Avec de la volonté, de l'envie, de la rigueur et de l’attention, vous arriverez à coup sûr à vos fins !

 

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