Interview

Interview : Cassandra, chauffeur routier

08/03/2019 11:28:35
ECI - Mise à jour : le 08/03/2019 11:28:35 - Par
Interview

"Je ne suis pas plus fragile, ni moins apte que mes collègues, et je déteste entendre des phrases comme : non, toi tu ne vas pas faire ça : tu es une femme."

Interview : Cassandra, chauffeur routier

Quel métier exercez-vous ?

Je suis chauffeur routier, spécialisée dans le transport de carburant en camion citerne.

Avant, je voulais être infirmière, puis j’ai réalisé que j’étais plutôt attirée par les métiers qu’on a tendance à appeler des « métiers d’hommes ». Il faut dire aussi que mon père, très manuel, m’a beaucoup transmis, et que je suis l’unique fille d’une famille de 4 enfants. Mon ami de l’époque m’a donc fait découvrir le métier de chauffeur, et j’ai décidé de suivre cette voie.

Quel est votre principal trait de caractère ?

Je sais ce que je veux, et je fais tout pour l’avoir. Je ne me laisse jamais décourager, ni détourner de mes objectifs.

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

Ce que je préfère, c’est l’autonomie. Je suis salariée, mais libre de travailler sans pression et sans me sentir surveillée ni dirigée par un supérieur hiérarchique. Comme je travaille en régional, le principe est simple : je reçois mon ordre de mission le soir, je m’en charge le lendemain, et je rentre chez moi l’esprit libre.

Y a-t-il beaucoup de femmes parmi vos collègues ?

Dans ma spécialité (citerne de carburant) les femmes sont très peu nombreuses. À la livraison, les clients sont parfois surpris de me voir !

Dans votre profession, est-ce qu’être une femme fait une différence ?

Être une femme ne constitue pas un frein. Je ne suis pas plus fragile, ni moins apte que mes collègues, et je déteste entendre des phrases comme « non, toi tu ne vas pas faire ça : tu es une femme ». Heureusement, ce sont des phrases que j’entends rarement. En général les gens comprennent qu’ils doivent me considérer avant tout comme un chauffeur, et que le « sale boulot » c’est pour moi aussi.

Il y a toujours quelques machos, mais la plupart du temps je suis bien accueillie : en général j’attire la sympathie. Mes collègues chauffeurs aiment me taquiner, mais toujours gentiment et avec respect. Dans ce métier, on est solidaires les uns des autres.

 

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