Marché Poids Lourds

La baisse du prix des carburants et ses répercussions sur les transports routiers

05/01/2016 13:53:04
ECI - Mise à jour : le 05/01/2016 13:53:04 - Par
Marché Poids Lourds

Alors que le prix du baril de pétrole connait une baisse constante depuis plusieurs mois, les transporteurs routiers commencent à constater une baisse conséquente du prix à la pompe. Ce dernier a atteint son niveau le plus bas depuis 6 ans alors que les prix du super 95 et super 98 augmentaient encore depuis janvier 2015. Durant la semaine de Noël, le prix du gazole est tombé sous la barre des 1 euro dans plusieurs stations-services d’Europe.

La baisse du prix des carburants et ses répercussions sur les transports routiers

Une baisse du prix du pétrole à la pompe depuis septembre 2015

Selon les derniers chiffres de l’Insee, le prix du pétrole continue sa chute avec une baisse de 3,3% en novembre 2015 pour le baril de Brent par rapport à octobre 2015. Le prix moyen du baril est passé de 63 € à 34 € entre novembre 2014 et décembre 2015. Les entreprises de TRM voient le prix du gazole à la pompe chuter considérablement en cette fin d’année 2015.

Conséquences sur les professionnels du TRM

Cette période constitue une aubaine pour les entreprises consommatrices d’hydrocarbures comme les transporteurs routiers. Gros consommateurs de carburant, les camions vont bénéficier de cette baisse du prix à la pompe. Cependant, de nombreuses entreprises de transports routiers se sont engagées à répercuter en partie la baisse du prix du carburant sur le coût des livraisons. Elles devraient donc pouvoir dégager de nouvelles marges qui resteront limitées si cette répercussion est bien appliquée. 

Une autosuffisance des Etats-Unis et l’avènement du pétrole de Schiste

La guerre des prix amorcée depuis quelques années entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite représente une des raisons de cette baisse historique. Longtemps grands importateurs de pétrole, les Etats-Unis ont atteint un niveau conséquent d’autosuffisance énergétique et sont devenus les premiers producteurs mondiaux de pétrole en 2014. La découverte de gisements de pétrole de Schiste sur leur territoire les a conduits à détrôner l’Arabie Saoudite et à accroître la production mondiale d’or noir. En mars 2015, l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) avait prévu que les Etats-Unis baissent leur production de pétrole brut. Cependant, la production américaine n’a pas fléchi.

L’Arabie Saoudite face à la baisse de la demande chinoise

Pour rester concurrentielle face aux Etats-Unis, l’Arabie Saoudite doit maintenir son offre. Cependant sa demande baisse sans discontinuer depuis un an. En effet, les saoudiens restent dépendants de la demande en matières premières provenant de Chine. Premier importateur de pétrole au monde, la Chine connait une baisse de son activité économique et en importe moins depuis l’été 2015. Même si la demande baisse, les pays producteurs conservent le même niveau d’activité. Actuellement, on constate un excédent d’environ 2 millions de barils par jour en Arabie.

Le schéma logique de l’offre et de la demande n’est, dès lors, pas respecté et engendre une baisse du prix du baril considérable. Son prix a baissé de 66% depuis 2014 mais le prix à la pompe de seulement 15%.

L’imminent retour de l’Iran parmi les grands pays producteurs de pétrole

Par ailleurs, l’assouplissement des relations entre l’Iran et les pays occidentaux pourrait conduire les Iraniens à rejoindre les grands pays exportateurs de pétrole. Soupçonné d’enrichissement d’uranium à des fins militaires, l’Iran a depuis rassuré les pays occidentaux. Après la levée des sanctions financières et de l’embargo occidental prévu début 2016, ces derniers entendent augmenter leur production pétrolière d’au moins 500 000 barils par jour.

Dans l'ensemble, les cours du brut restent sous la pression d'une offre surabondante et d'une demande mondiale qui reste terne. Le prix du baril est donc susceptible de baisser à nouveau dans les prochains mois. Il sera cependant difficile de prévoir les répercussions de ce phénomène sur les prix en stations-services, tant ils dépendent des ajustements sur les taxes prélevées par les Etats européens.

L’augmentation des taxes sur le gazole en Europe

Cette chute des prix se poursuit depuis novembre 2015, cependant le niveau des taxes sur le gazole est resté inchangé. Pour y remédier, les Etats revalorisent ces taxes dès janvier 2016. En dépit de cette augmentation, le prix d’un plein coutera en moyenne 25% moins cher qu’en janvier 2014. En Europe, les pays qui taxent le plus le gazole sont le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les transporteurs routiers vont devoir s’adapter et réajuster leurs contrats face à ces fluctuations constantes du prix du gazole.  

 

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