Divers Transport

Hypovigilance au volant : le fléau des longues distances

ECI - le 07/09/2018 11:31:26 - Par
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Les comportements excessifs (vitesse, alcool par exemple) sont loin d'être les seules causes responsables des accidents sur la route. En effet, la Gendarmerie estime pour l'année passée que l'hypovigilance, aussi appelée somnolence au volant, se trouve être à l'origine de près de la moitié des accidents sur le réseau autoroutier (43 % dont 30% de chocs mortels). Sur les routes du réseau secondaire, la proportion atteint tout de même presque 20 %. Comment faire baisser ces chiffres ?

Hypovigilance au volant : le fléau des longues distances

Qu'est ce que l'hypovigilance ?

D'après sa définition médicale, l'hypovigilance est un état situé entre le sommeil et la veille. Elle se traduit par un affaiblissement progressif des capacités de vigilance conduisant irrémédiablement vers la somnolence puis le sommeil. Durant cet état, les facultés d'analyse et d'observation sont réduites au minimum.

On comprend dès lors mieux les impacts tragiques que cela engendre lorsque l'hypovigilance survient au volant. Dans ces conditions, le conducteur voit son temps de réaction fortement augmenter (de 1 à 5 secondes). Il se trouve également dans l'impossibilité de maintenir la trajectoire et de stabiliser la vitesse du véhicule. Enfin, à cause du rétrécissement de son champ de vision, il devient totalement inattentif à la signalisation et aux autres véhicules sur la voie.

La somnolence au volant est causée par de multiples facteurs. Le premier d'entre eux est naturellement le manque de sommeil du conducteur. Les nuits blanches ou trop courtes et le travail en horaires décalés conduisent à une dette globale de sommeil. D'ailleurs, il faut savoir qu'une veille active de 17 heures est équivalente à 0,5 g d’alcool dans le sang pour ce qui concerne les perturbations sensorielles et psychomotrices. Pour 24 heures sans sommeil, la similitude s'établit à 1 g d'alcool dans le sang. Il ne faut pas sous-estimer également les caractéristiques propres au trajet. En effet, si celui est fréquemment couvert, une certaine lassitude peut s'installer et induire un manque de vigilance. Il en va de même pour les trajets monotones.

Enfin, il est bon de rappeler que l'état physiologique du conducteur est à prendre en considération. La consommation d'alcool, de substances médicamenteuses et de drogues impacte les facultés de concentration et peuvent conduire à l'endormissement. Cet état peut aussi être altéré après une journée de travail éprouvante ou même après un lourd repas. Il vaut mieux donc éviter de prendre la route dans ces conditions.

Quelles sont les populations les plus concernées ?

Les études statistiques des accidents liés à la somnolence au volant démontrent que tous les conducteurs ne sont pas égaux face à ce risque. Parmi les "populations" les plus concernées, on retrouve :

    • Les conducteurs les plus jeunes (moins de 25 ans), en majorité des hommes
    • Les conducteurs les plus âgés (plus de 50 ans)
    • Les travailleurs aux horaires irréguliers sur leur lieu de travail (chauffeurs routiers) ou effectuant le trajet vers leur domicile
    • Les personnes effectuant un long trajet sur autoroute ou routes droites avec des paysages monotones
    • Les personnes sujettes aux problèmes de sommeil (apnées, insomnies) impliquant une fatigue
    • Les personnes sous traitement médicaux (consultez la notice pour vous assurer qu'ils sont compatibles avec la conduite)
    • Les conducteurs inexpérimentés sur long trajet (notamment lors des départs en congés)

Comment détecter les signes annonciateurs ?

L'arrivée imminente du micro sommeil est, dans la plupart des cas, précédée de quelques symptômes. Certains sont évidents et facilement détectables tels les bâillements. Les autres se manifestent de la façon suivante :

    • Des picotements dans les yeux
    • Des douleurs dans le dos
    • Des raideurs au niveau de la nuque
    • Des changements fréquents et répétés de votre position au volant

Comment réagir dès l'apparition de ces signes ?

Malheureusement, en cas d'apparition des premiers signes de l'état de somnolence, il est déjà trop tard. La seule et unique solution consiste à s'arrêter le plus rapidement possible et à garer son véhicule dans une zone sécurisée pour dormir. Laissez votre corps se reposer le temps nécessaire. Ne cherchez pas à mettre un réveil pour programmer un court sommeil afin de reprendre la route au plus vite.
Contrairement à la pensée populaire, le café et les boissons énergisantes ne sont pas une bonne solution. En effet, leurs principes actifs nécessitent un certain temps pour être absorbés par l'organisme. De plus, leurs effets restent assez limités et n'empêcheront pas un retour de l'hypovigilance. Il en est de même pour les astuces visant à ouvrir la fenêtre pour aérer l'habitacle ou à mettre la radio assez forte. Au mieux, ils ne repousseront le problème seulement de quelques instants.

Comment mettre tous les atouts de son côté pour l'éviter ?

Plutôt que de chercher à réagir lorsqu'il est trop tard, il est nettement préférable d'agir en amont. Ainsi, il faut savoir qu'un long trajet doit se préparer afin d'empêcher la somnolence au volant, plus encore si vous n'avez pas l'habitude de conduire sur de longues distances. Les nuits précédant le départ, dormez le plus possible. Appliquez également les recommandations de la Sécurité Routière qui préconisent de faire des arrêts réguliers d'au moins quinze minutes lors du trajet (toutes les deux heures). Profitez en pour faire une courte sieste puis pour sortir du véhicule et faire quelques pas afin de bien vous réveiller pour reprendre votre route.

Les développements technologies ont également permis de sécuriser de nombreux conducteurs. Ainsi, il existe sur le marché différents systèmes permettant de détecter, bien plus tôt que ne le ferait l'être humain, les signes annonciateurs de l'hypovigilance. C'est par exemple le cas d'une bague disposant d'un capteur. Celui-ci mesure l’activité cérébrale du conducteur. Il est en effet possible d'anticiper le micro sommeil en recherchant les pertes de concentration. En cas d'alerte, la bague se met à vibrer annonçant au conducteur qu'il est temps d'agir.

 

 

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