Les constructeurs d'automobiles européens vont demander
cette semaine à l'Union européenne à pouvoir bénéficier de 40 milliards
d'euros de prêts bonifiés pour préparer les voitures « propres » du
futur. « Pour l'instant, c'est juste une position de principe, qui a
été prise à l'unanimité. Nous devons encore discuter entre nous les
détails précis », explique Ivan Hodac, secrétaire général de l'Acea
(Association des constructeurs européens d'automobiles).
Les groupes européens justifient l'importance de la
somme demandée (plus de deux fois supérieure au montant des prêts
alloués l'année prochaine aux constructeurs américains) par la crise
financière, qui a complètement asséché depuis quelques semaines les
crédits interbancaires, et par les sommes énormes qui devront être
mobilisées pour satisfaire aux nouvelles normes européennes d'émissions
de CO2. Les membres de l'Acea ont beau investir chaque année 4 % de
leur chiffre d'affaires dans la recherche et le développement, les
efforts demandés sur les émissions polluantes (normes Euro-5) et sur le
dioxyde de carbone (130 g/km en moyenne pour les voitures neuves dès
2012) représentent des investissements considérables. « La situation du
secteur se dégrade fortement et l'économie mondiale avec. Dans un
contexte pareil, la législation environnementale est impossible à
atteindre, tout le monde doit en être bien conscient », souligne
M. Hodac.
Avec 16 millions de voitures assemblées chaque année
dans 250 usines, les constructeurs européens font vivre 2,3 millions de
salariés, auxquels s'ajoutent 10 millions d'employés chez les
équipementiers. Carlos Ghosn, président de Nissan, a été le premier à
demander que l'Europe s'inspire du plan américain. Il a en effet
déclaré le 29 septembre que les 25 milliards de dollars (18 milliards
d'euros) accordés par Washington aux constructeurs américains créaient
« une distorsion de la concurrence », mais que c'était « une idée
intéressante ».
Source : CCFA