Le projet de loi de programme relatif à la mise en oeuvre du Grenelle
de l'Environnement sera discuté à l'Assemblée nationale à partir du 6
octobre prochain. Son article 55 instaure notamment une taxe
kilométrique sur les poids lourds visant à réduire les impacts
environnementaux du transport de marchandises, dont le produit sera
affecté à l'AFITF. De son côté, l'article 55 du projet de loi de
finances pour 2009 décrit les modalités précises de cette taxe, dont la
réalité ne fait plus de doute. Elle devrait s'appliquer en France en
2012 après une expérimentation en Alsace en 2011. Cela, au grand dam
des organisations professionnelles de transporteurs qui continuent de
considérer que cette taxe d'usage des infrastructures coûtera plus cher
à percevoir qu'elle ne rapportera à l'Etat. Une de leurs demandes a
cependant fait son chemin à l'Assemblée nationale, où la Commission des
affaires économiques vient de modifier le projet de loi en y
introduisant le principe d'une « compensation ». Selon le nouveau texte, «
des mesures seront mises en oeuvre pour compenser directement ou
indirectement cette taxe et la répercuter sur les bénéficiaires de la
circulation des marchandises ».
Il s'agissait d'une demande des transporteurs qui exigeaient que la
nouvelle taxe écologique, si elle entrait en vigueur, soit compensée
par la suppression à due proportion d'une autre taxe et notamment de la
taxe professionnelle. Quant à la répercussion, le problème est
d'appliquer aux marchandises une taxe grevant la circulation des poids
lourds qui les transportent. La taxe sera payée par les propriétaires
ou les locataires des véhicules qui peuvent transporter plusieurs
envois de plusieurs expéditeurs. La question se pose -le projet de loi
le reconnaît désormais- de savoir comment le montant de la taxe sera
répercuté entre les différents chargeurs. Les organisations de
transporteurs suggèrent un barème indicatif d'aide à la répercussion
qui serait établi et publié par le Comité national routier (CNR). Le
cadre juridique serait celui que le CNR avait utilisé en 1989 pour
publier une « tarification routière de référence » qui devait aider les transporteurs après la suppression de la tarification obligatoire (TRO).
Source : WK transport-logistique