Prêt à mener l'offensive de l'UMP pour reconquérir la
région Ile-de-France, Yves Jégo, secrétaire d'Etat chargé de
l'Outre-mer, vient de se prononcer en faveur de l'instauration de
péages urbains à Paris et dans d'autres grandes villes d'Ile-de-France,
indiquent LES ECHOS (20/8/08). Les sommes récoltées permettraient
notamment de financer un plan de transports en commun et un abonnement
mensuel au tarif unique de 30 euros pour se déplacer dans toute la
région.
Une étude récente mise en avant par le Medef
Ile-de-France quantifie les nouvelles ressources qu'il serait possible de dégager
pour améliorer les transports publics dans la région tout en prônant
des mesures d'organisation pour mieux utiliser les moyens existants.
Outre les habituelles suggestions d'emprunt, de partenariat
public-privé et de taxe sur les plus-values immobilières, elle suggère
que l'instauration d'un péage urbain dans la capitale permettrait de
dégager 75 millions d'euros par an. De plus, le produit annuel du
stationnement payant pourrait passer de 40 millions d'euros
actuellement à 150 millions. Toujours selon le Medef Ile-de-France, le
relèvement de la part régionale de la Tipp de 2 à 4 centimes par litre
de carburant rapporterait 100 à 200 millions d'euros par an.
En revanche, on estime que l'instauration d'une taxe
poids lourds de 15 centimes par kilomètre (qui rapporterait 420
millions d'euros) et l'obligation pour les automobilistes de payer un
abonnement de transport en commun de type carte Orange (représentant un
gain de 875 millions) s'accompagneraient de coûts de contrôle
prohibitifs.
Réagissant à ces propositions, la Fédération des
entreprises de transport et de logistique (TLF), proche du Medef,
prévient qu'il serait risqué « de faire reposer le financement de la
politique des transports sur une taxation presque exclusivement fondée
sur les entreprises ». D'autant que la région Ile-de-France demande un
texte lui permettant d'augmenter le versement transport. Pour TLF, ces
propositions « ne doivent pas obérer les possibilités de la région de
capter de nouveaux flux logistiques, synonymes de retombées économiques
pour les collectivités et d'emplois ». Elles risqueraient surtout de
pousser les entreprises à s'installer à la périphérie de la région, ce
qui irait à l'encontre des effets recherchés en matière d'environnement.